Guinée : Controverses autour des jours fériés après la Tabaski

L’annonce du gouvernement guinéen accordant deux jours fériés supplémentaires après la fête de la Tabaski continue de faire des vagues. Le lundi 9 et le mardi 10 juin ont été déclarés fériés, chômés et payés sur toute l’étendue du territoire, une décision qui suscite de vives critiques dans les milieux politiques et économiques.Marc Yombouno, ancien ministre du Commerce sous le régime d’Alpha Condé et membre influent du bureau exécutif du RPG, dénonce une mesure qu’il qualifie « d’illégale » et « dangereuse ». Selon lui, le communiqué émis par le ministère du Travail et de la Fonction publique ne repose sur aucune base juridique.> « Un État est régi par des lois, des principes et des valeurs. Toute décision administrative doit avoir une base légale. Ce communiqué ne fait référence à aucun texte. C’est simplement pour faire plaisir à ceux qui fêtent, mais cela ne saurait justifier une telle entorse aux règles », a-t-il déclaré au micro d’Africaguinee.com.Une mesure sans fondement légal ?Les jours fériés en Guinée sont encadrés par des textes réglementaires, généralement précisés dans le Code du travail ou dans des décrets spécifiques. Or, dans ce cas précis, aucune référence légale n’est mentionnée dans le communiqué du ministère, ce qui alimente la polémique.« Si le gouvernement souhaite instaurer une tradition de plusieurs jours fériés après la Tabaski, il doit passer par l’Assemblée nationale ou un décret en bonne et due forme. À défaut, nous faisons face à une dérive administrative », insiste Yombouno.Des répercussions économiques et scolairesAu-delà de la légalité, l’opposant met en garde contre les conséquences économiques de cette mesure. Il évoque des perturbations pour les entreprises ayant des opérations prévues, ainsi qu’un ralentissement de l’activité économique.Autre inquiétude : l’impact sur le système éducatif, alors que les examens nationaux sont imminents. Le ministère de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle a d’ailleurs dû reporter les examens de sortie initialement prévus ce lundi.> « On risque maintenant de devoir reprogrammer une fois encore. C’est un effet domino sur tout le calendrier scolaire », avertit Marc Yombouno.Un précédent controverséCette décision pourrait créer un précédent. Si elle venait à se répéter sans encadrement légal, cela poserait un problème de gouvernance, selon plusieurs observateurs. La question désormais est de savoir si les autorités comptent justifier leur décision a posteriori ou si elles considèrent que leur marge de manœuvre suffit à décréter des jours fériés exceptionnels.Une affaire à suivreEn attendant, les deux jours de congé sont bien observés à travers le pays. Reste à savoir si le débat juridique et politique enclenché aboutira à une clarification des règles, voire à une réforme du régime des jours fériés en Guinée.

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