Dakar, 11-14 juin 2025 — La capitale sénégalaise accueille cette semaine la troisième édition de la Conférence-Festival Afrique-Asie. Une rencontre d’envergure qui réunit près de six cents intellectuels, artistes et militants venus de quelque soixante pays d’Afrique et d’Asie. L’objectif est clair : repenser les relations entre les deux continents et bâtir des ponts solides de coopération, dans un monde en pleine recomposition.Une union pour mieux s’affirmerLe thème central de cette conférence pourrait se résumer ainsi : s’unir pour mieux peser dans le nouvel ordre mondial. Dans un contexte marqué par la montée du multipolarisme, l’essoufflement des modèles traditionnels et les recompositions géopolitiques, Afrique et Asie entendent affirmer leur voix. Les participants revisitent ainsi l’héritage du panafricanisme, de la Conférence de Bandung (1955) et du non-alignement, pour en extraire des axes d’action concrets et contemporains.Des questions brûlantes au cœur des débatsPlusieurs tables rondes interrogent le rôle du Sud global face aux défis du XXIe siècle. Parmi les sujets abordés :« Quel avenir pour le panafricanisme, l’esprit de Bandung et le Sud global dans le nouvel ordre mondial ? » « La globalisation économique : synonyme de prospérité ou de souffrance ? »Autant de problématiques qui traduisent une volonté commune de rompre avec la marginalisation et de bâtir des relations Sud-Sud fondées sur le respect, la réciprocité et la complémentarité.Au-delà des discours, l’urgence de l’action.
Si cette conférence se veut un espace de réflexion de haut niveau, elle soulève également une exigence majeure : celle de traduire les idées en actes. « Une chose est de porter la réflexion, une autre est de passer à l’action », rappelle un intervenant. Car le véritable défi ne réside pas seulement dans la dénonciation des déséquilibres mondiaux, mais dans la capacité à construire des alternatives concrètes.
Les organisateurs sont ainsi appelés à faire de ce rendez-vous un instrument durable de dialogue, de solidarité intellectuelle et de coopération pratique. Un chantier d’envergure, certes, mais devenu plus que jamais nécessaire à l’heure où les nations du Sud revendiquent plus de souveraineté et d’autonomie stratégique. Un souffle nouveau venu du SudLa Conférence de Dakar s’inscrit dans la continuité de Bandung, mais elle ambitionne aussi de dépasser le simple cadre symbolique. En créant une plateforme Afrique-Asie vivante, critique et tournée vers l’avenir, ses initiateurs veulent ouvrir un nouveau chapitre dans les relations entre deux continents longtemps marginalisés par les grandes puissances.À condition de maintenir la flamme, cette initiative pourrait devenir un véritable laboratoire de pensée et d’action pour un monde plus équitable, où l’Afrique et l’Asie n’auraient plus à subir, mais à construire.
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