Mamadi Doumbouya crée un Conseil stratégique pour la défense et la sécurité nationale

Conakry, 11 juin 2025 – Le Président de la Transition, Mamadi Doumbouya, a franchi une nouvelle étape dans la réorganisation des institutions de souveraineté en Guinée. Par décret lu à la télévision nationale ce mercredi, il a annoncé la création du Conseil Supérieur de Défense et de Sécurité Nationale (CSDSN), un organe stratégique placé sous son autorité directe.Une instance au cœur des décisions sécuritairesSelon le texte du décret, le CSDSN est chargé de l’orientation des grandes décisions en matière de défense, de sécurité intérieure et de protection de la souveraineté nationale.

Présidé par le chef de l’État, il regroupe les plus hautes autorités civiles et militaires du pays, notamment le Premier ministre, les ministres de la Défense, de la Sécurité, des Affaires étrangères, de l’Économie, ainsi que les chefs des forces armées et de la gendarmerie.

Une organisation en plusieurs niveaux

Le Conseil s’articule autour de trois grands organes :

L’Instance suprême, qui regroupe les principales autorités nationales ;

Le Secrétariat général permanent, chargé de l’administration et du suivi des décisions ;

Des commissions décentralisées, déployées à tous les échelons du territoire, y compris une Commission spéciale pour la ville de Conakry.

Des sections techniques dédiées aux volets militaire, civil, économique et diplomatique viennent appuyer le secrétariat. Prérogatives étendues en temps de criseLe CSDSN se voit attribuer un large éventail de missions, allant de la gestion des crises sécuritaires à la mobilisation des ressources nationales, en passant par la protection des biens et des personnes. Il peut également prendre toute mesure jugée nécessaire pour préserver l’intégrité du territoire ou rétablir l’ordre public. En période de paix, le Conseil se réunira deux fois par an, mais pourra se retrouver à tout moment en session extraordinaire, notamment en cas de menace grave ou de catastrophe.

Un renforcement du pouvoir exécutif ?

Ce nouveau dispositif vient renforcer davantage le rôle central du président Doumbouya dans les affaires sécuritaires du pays. Si certains saluent une volonté de mieux structurer l’action de l’État face aux défis sécuritaires, d’autres y voient un renforcement du pouvoir présidentiel dans un contexte de transition politique encore incertain.

Avec ce nouveau Conseil, la junte au pouvoir entend sans doute rationaliser la réponse sécuritaire de l’État tout en gardant un contrôle étroit sur les leviers stratégiques du pays. Il reste à voir comment cette structure s’articulera avec les autres institutions de la Transition et comment elle sera perçue par les partenaires internationaux.

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