Conakry, 30 juillet 2025 – Le remaniement opéré mardi soir par le Général Mamadi Doumbouya au sein du Gouvernement Bah Oury ne suscite guère d’enthousiasme dans les rangs politiques guinéens. Annoncée comme une inflexion dans la gestion de la transition, cette reconfiguration semble pourtant laisser l’échiquier politique indifférent, voire résolument apathique.
Un silence révélateur
Peu de réactions notables émanent des principaux partis politiques du pays, qui se contentent, pour la plupart, d’un mutisme prudent ou d’un désintérêt assumé. Du côté du RPG arc-en-ciel, l’ancien parti au pouvoir, la posture est claire : ce remaniement n’est pas leur affaire. « Nous ne sommes pas en activité actuellement, donc cela ne nous intéresse pas. Nous avons été réduits à notre plus simple expression, celle de simples observateurs », a déclaré Lansana Komara, Secrétaire Administratif du parti, dans un ton résigné.
L’Union Démocratique de Guinée (UDG) de Mamadou Sylla adopte une attitude similaire. « Nous avons pris du recul, nous observons d’abord », confie un haut cadre, soulignant la prudence qui caractérise désormais les prises de position politiques.
Quant à l’Union des Forces Républicaines (UFR) de Sidya Touré, c’est le silence total. Sollicités par Africaguinee.com, deux de ses dirigeants ont décliné tout commentaire, illustrant davantage la distance prise par les formations politiques à l’égard du pouvoir de transition.

Des nominations qui interrogent
Malgré ce désintérêt affiché, certaines décisions suscitent tout de même un écho. C’est notamment le cas de la nomination de Cellou Baldé, figure longtemps perçue comme un opposant farouche au régime militaire. Son entrée au gouvernement a surpris plus d’un, bien qu’elle ait été accueillie avec courtoisie par ses anciens camarades de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), à l’image de Kalémodou Yansané, qui a salué son engagement tout en prenant soin d’éviter la polémique.Au total, cinq nouvelles figures font leur entrée dans l’exécutif. Mais loin de provoquer une onde politique, ce remaniement semble, pour l’instant, acté sans réel débat ni confrontation idéologique.
Une transition sans contre-pouvoir ?
Ce manque de réaction interroge sur l’état de la scène politique guinéenne, réduite à une fonction d’observation passive. Entre mise en retrait stratégique, désillusion ou exclusion de fait, les partis politiques majeurs peinent à jouer un rôle d’interlocuteurs ou de contrepoids face au pouvoir en place.
Alors que la transition continue de s’éterniser, ce remaniement à demi-teinte pourrait bien illustrer, plus qu’un simple changement d’équipe, l’érosion du débat démocratique dans une Guinée en quête de repères.
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