L’Assemblée nationale du Sénégal a franchi un nouveau cap dans le renforcement des relations sécuritaires entre Dakar et Conakry. Mardi 17 février 2026, les députés sénégalais ont adopté le projet de loi n°20/2025 autorisant le président de la République à ratifier l’accord de coopération militaire et technique signé entre le Sénégal et la Guinée. Paraphé le 19 juin 2021 à Accra, ce texte s’inscrit dans une dynamique de réponse commune face aux menaces sécuritaires qui pèsent sur la sous-région ouest-africaine.

Terrorisme, criminalité transfrontalière, trafics illicites : autant de défis qui imposent, selon les autorités sénégalaises, une coordination accrue entre États voisins. Présenté devant les parlementaires par le ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, Cheikh Niang, le projet de loi a d’abord été examiné en inter-commissions avant d’être soumis au vote en séance plénière. Les échanges ont mis en lumière les enjeux stratégiques de la coopération militaire bilatérale. À l’issue des débats, la majorité des élus a donné son feu vert. Devant l’hémicycle, le chef de la diplomatie sénégalaise a évoqué un contexte sous-régional « préoccupant », marqué par l’expansion des groupes armés terroristes et la fragilisation progressive des zones frontalières. Pour lui, seule une approche concertée peut permettre de contenir ces menaces qui ignorent les frontières administratives.

L’accord prévoit ainsi le renforcement de la formation des personnels militaires, l’intensification de la lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes, ainsi qu’une meilleure répression des trafics et de la criminalité organisée. Il institue également des mécanismes d’échange de renseignements, un appui à la réalisation d’infrastructures spécialisées et l’organisation de patrouilles mixtes. Une attention particulière est portée au poste frontalier de Bhoundou Fourdou, point névralgique des échanges entre les deux pays. La sécurisation conjointe de cette zone est perçue comme un levier essentiel pour fluidifier les mouvements tout en renforçant la vigilance face aux réseaux criminels.
Ce rapprochement intervient dans un contexte où les relations transfrontalières ont déjà connu des tensions. Avant la présidentielle guinéenne de 2020, la fermeture temporaire de la frontière avait fortement perturbé les échanges économiques et sociaux, affectant commerçants, transporteurs et familles vivant de part et d’autre. Aux yeux de nombreux observateurs, la ratification de cet accord apparaît donc comme un instrument de stabilisation durable. Au-delà des contingences politiques, Dakar et Conakry affichent la volonté de préserver des liens historiques, humains et économiques profondément enracinés.
Conclu pour une durée de cinq ans, renouvelable par tacite reconduction, le texte entrera officiellement en vigueur après notification mutuelle par les deux États de l’accomplissement de leurs procédures internes de ratification. Une étape supplémentaire vers une coopération sécuritaire renforcée entre les deux voisins ouest-africains.
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