CONAKRY – Après plus de trois années de détention préventive, Mohamed Lamine Bangoura, ancien président de la Cour constitutionnelle, a comparu pour la première fois ce mercredi 18 février 2026 devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). L’ancien magistrat est poursuivi pour « détournement de deniers publics, corruption, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et complicité ».
Le montant au cœur de l’affaire s’élève à 20 milliards de francs guinéens, selon l’accusation.
À la barre, Mohamed Lamine Bangoura a rejeté en bloc l’ensemble des accusations. Il a plaidé non coupable et contesté l’existence même des fonds évoqués par le parquet. « Je ne reconnais aucun fait… Les 20 milliards GNF mentionnés dans l’acte d’accusation dont on fait allusion n’existent nulle part… », a-t-il affirmé devant les juges.
Cette prise de position marque le début d’un procès qui s’annonce complexe et potentiellement long, en raison des questions techniques liées à la traçabilité des fonds et à la responsabilité présumée de l’ancien président dans cette affaire. Après une brève audition, le juge Yagouba Conté a décidé de renvoyer l’affaire au 23 février 2026. Le magistrat a invoqué l’heure tardive – près de 17 heures – et la nécessité de garantir « une bonne efficacité du procès », notamment pour permettre la comparution des autres prévenus.
Cette première comparution survient après une longue période d’attente judiciaire, depuis l’incarcération de Mohamed Lamine Bangoura à la Maison centrale de Conakry le 15 décembre 2022. Il est poursuivi dans ce dossier avec Amadou Diallo, Sidiki Sylla et Rouguiatou Barry, tous actuellement en fuite. Le procès s’annonce donc comme un moment clé pour la justice guinéenne, confrontée à un dossier sensible mêlant finances publiques et responsabilité de hauts magistrats sous l’ancien régime d’Alpha Condé.
Lereveilplus224.com



