G20 : soutien franco-brésilien à Pretoria, un front encore trop timide face à l’intransigeance de Trump

La polémique autour de la participation de Afrique du Sud au prochain sommet du G20 ne faiblit pas. Prévu fin 2026 en Floride, ce rendez-vous international majeur se tiendra sous la présidence des États-Unis.

Mais une décision controversée continue de susciter de vives réactions : celle du président Donald Trump d’exclure Pretoria de la rencontre.

À l’origine de cette mise à l’écart, des accusations de violences visant des agriculteurs blancs sud-africains, fermement rejetées par les autorités de Pretoria. Face à cette situation, le pays de Nelson Mandela avait semblé prendre acte, allant jusqu’à évoquer un retrait « temporaire » du G20 dans l’attente d’une nouvelle présidence.

Alors que le dossier paraissait clos, deux voix majeures sont venues relancer le débat : celles du Brésil et de la France.

Lula en première ligneLe président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva, s’est imposé comme le principal défenseur de l’Afrique du Sud. Lors du sommet des progressistes tenu le 18 avril à Barcelone, il a publiquement interpellé son homologue Cyril Ramaphosa, promettant de se battre pour sa participation au G20.

Pour Lula, la position américaine est inacceptable : aucun pays, fût-il président du groupe, ne peut décider unilatéralement d’exclure un membre fondateur. Le dirigeant brésilien a réitéré son soutien quelques jours plus tard à Hanovre, appelant Pretoria à maintenir sa participation malgré les tensions diplomatiques avec Washington.

Une posture fidèle à la ligne politique du président brésilien, habitué à défendre les pays du Sud et à contester les rapports de force jugés déséquilibrés sur la scène internationale.

Le soutien ambigu de Paris

Dans le sillage de Brasilia, la France a également affiché son soutien à Pretoria. À Johannesburg, son ambassadeur a estimé que l’Afrique du Sud, en tant que membre fondateur du G20, devait pouvoir participer à toutes les réunions officielles du groupe.

Mais cette prise de position suscite des interrogations. Quelques semaines plus tôt, Paris avait invité Pretoria à participer au sommet du G7 prévu en juin. Une invitation finalement retirée sous pression américaine, remplacée par celle du Kenya.

Ce revirement fragilise la crédibilité du soutien الفرنسي, qui apparaît davantage comme un geste diplomatique que comme une véritable volonté d’infléchir la position de Washington.

Des soutiens encore insuffisantsAu-delà des déclarations, la question centrale demeure : ces prises de position peuvent-elles réellement faire reculer Donald Trump ?

Rien n’est moins sûr.

Si le mérite de Paris et de Brasilia est de montrer que la décision américaine ne fait pas l’unanimité, leur isolement limite considérablement leur influence. En l’absence d’un front commun au sein du G20, ces soutiens apparaissent pour l’heure symboliques.

La situation pourrait toutefois évoluer si d’autres puissances rejoignaient ce mouvement. Une mobilisation plus large serait susceptible de peser sur la décision américaine et de préserver la crédibilité du G20 en tant qu’instance multilatérale.

En attendant, ces réactions ressemblent davantage à des prises de position ponctuelles qu’à une véritable stratégie collective. Face à l’intransigeance affichée de Washington, Pretoria reste, pour l’heure, sur la touche d’un sommet qui se jouera… sur le terrain de son principal opposant.

À ce stade, le rapport de force reste clairement en faveur de la Maison Blanche.

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