Nice , 10 juin 2025 – C’est dans la ville française de Nice qu’a débuté, le 9 juin, le troisième Sommet des Nations unies sur l’océan (UNOC). Pendant cinq jours, plus de 180 délégations du monde entier – dont une soixantaine de chefs d’État et de gouvernement – discuteront des grands enjeux liés à la préservation des océans, à leur exploitation durable et à la lutte contre la pollution marine.
L’Afrique est présente, mais reste encore en quête d’une voix forte et influente sur la scène internationale.Parmi les chefs d’État africains présents figurent ceux du Bénin, du Burundi, de la République centrafricaine, du Congo, de la Guinée-Bissau, de la Mauritanie et de la Sierra Leone. Une participation significative, mais qui ne garantit pas pour autant une influence réelle. Car la question reste entière : la voix de l’Afrique portera-t-elle dans les débats, ou sera-t-elle noyée dans le flot des discours diplomatiques et des intérêts géopolitiques des grandes puissances ?Un continent directement concerné Pourtant, l’Afrique ne manque pas de raisons légitimes de faire entendre ses préoccupations. Le continent est l’un des plus touchés par les conséquences directes de la dégradation des océans : montée des eaux, érosion côtière, pollution plastique, pillage des ressources halieutiques et pêche illégale sévissent sur de nombreux littoraux africains. Des pays comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire ou encore le Mozambique font face à une perte dramatique de biodiversité et de revenus pour les communautés de pêcheurs artisanaux.« Les océans représentent un enjeu de survie économique et écologique pour l’Afrique, mais aussi une opportunité pour construire une économie bleue durable », rappelle une experte du développement maritime basée à Dakar.
Un sommet aux objectifs ambitieux Outre la lutte contre la pollution marine et la création d’aires marines protégées, le sommet vise à mobiliser des financements pour la protection et l’exploitation durable des océans. Il s’agit d’un plan d’action aligné sur les Objectifs de développement durable (ODD), notamment l’ODD 14, consacré à la vie aquatique.Mais les précédents en matière de financement climatique ou environnemental n’inspirent pas toujours confiance, surtout du côté africain. À plusieurs reprises, les grandes puissances ont été accusées de ne pas honorer leurs engagements, comme ce fut le cas avec les promesses financières non tenues dans le cadre des conférences climat (COP).
Un signal d’alarme : l’absence des États-UnisAutre élément marquant , l’absence des États-Unis à cette édition du sommet.
Un désengagement jugé préoccupant, au regard de leur poids économique et de leur responsabilité historique dans la pollution marine. Cette absence rappelle le retrait américain de l’Accord de Paris sous Donald Trump, et plus récemment, l’annonce de l’autorisation de l’exploitation minière en haute mer, qui va à l’encontre des principes défendus à Nice.L’Afrique face à ses responsabilitésDans ce contexte, il revient aux pays africains de s’organiser, de parler d’une seule voix et de défendre leurs intérêts communs. Il ne s’agit plus simplement d’être présents, mais de peser dans les décisions, notamment sur le plan des financements, des transferts de technologies et de la gouvernance des espaces maritimes internationaux.Pour l’heure, le sommet de Nice représente une opportunité diplomatique pour repositionner le continent noir sur les enjeux océaniques mondiaux. Mais encore faut-il que ses représentants sachent transformer cette opportunité en résultats concrets pour les millions de citoyens africains dépendant directement des ressources marines.
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