CONAKRY – Le président de la transition, le Général Mamadi Doumbouya, a signé un décret historique ce 14 juin 2025, mettant fin à la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). Une nouvelle entité, la Direction Générale des Élections (DGE), est désormais chargée de l’organisation des scrutins en République de Guinée. Ce changement majeur marque une rupture profonde dans le paysage électoral guinéen.
La DGE est désormais l’unique structure chargée de la gestion, de la planification et du suivi de tous les processus électoraux dans le pays. Elle est placée sous l’autorité du ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation.
Une structure centralisée et professionnalisée Contrairement à la CENI, souvent critiquée pour ses dysfonctionnements internes, la DGE jouit d’une autonomie financière et d’un statut équivalent à celui d’une direction de l’administration centrale. Elle est dirigée par un Directeur Général nommé par décret du Président de la République, sur proposition du ministre en charge de l’administration du territoire. Il est assisté par un Directeur Général adjoint, désigné dans les mêmes conditions.
Parmi ses principales missions figurent : l’élaboration et l’application des textes électoraux, l’organisation des élections politiques et des référendums,la gestion du fichier électoral biométrique,la production de documents électoraux, la sensibilisation des citoyens, la digitalisation du processus électoral, la participation aux rencontres nationales et internationales sur les questions électorales.
Une organisation en trois niveaux
La DGE est structurée en trois pôles :
Les services d’appui (finances, communication, archives),Les départements techniques (opérations, logistique, sécurité, observation),Les services déconcentrés, allant du niveau régional au niveau communal.Les élections dans les ambassades et consulats seront coordonnées par les services consulaires, sous l’autorité des ambassadeurs. Un arrêté ministériel viendra bientôt préciser les modalités d’organisation des départements et des services locaux. Les directeurs régionaux, préfectoraux et communaux seront également nommés par décret, tandis que les chefs de départements techniques seront désignés par arrêté.
Une réforme lourde d’enjeux
Avec cette décision, les autorités de la transition entendent renforcer la maîtrise de l’État sur l’appareil électoral. Mais cette centralisation soulève aussi des questions sur l’indépendance réelle du processus, dans un pays marqué par une histoire politique souvent agitée. Reste à savoir si cette nouvelle Direction Générale parviendra à relever le défi de la transparence, de l’efficacité et de l’inclusivité dans la gestion des futures élections.
Le décret abroge toutes les dispositions contraires à compter de sa signature et sera publié au Journal Officiel de la République.
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