Guinée : le RPG arc-en-ciel dénonce la création de la DGE, parle de « recul démocratique » et « d’exclusion politique »

CONAKRY – La récente création de la Direction Générale des Élections (DGE) par décret présidentiel continue de susciter une vive controverse sur l’échiquier politique guinéen.

Le RPG arc-en-ciel, principal parti d’opposition issu du régime déchu d’Alpha Condé, dénonce une dérive autoritaire et une tentative d’exclure les partis politiques du processus électoral.

Marc Yombouno, ancien ministre

Marc Yombouno, ancien ministre et cadre influent du parti, a haussé le ton lors d’une interview accordée à lereveilplus224.com. Selon lui, la mise en place de cette structure marque une rupture grave avec les acquis démocratiques patiemment bâtis au cours des dernières décennies. « Ce n’est pas une surprise pour nous », a-t-il déclaré d’un ton ferme. « Nous avons toujours dénoncé cette trajectoire périlleuse de la transition. Aujourd’hui, nous constatons que le RPG est marginalisé, acculé, et qu’aucun parti politique ne participera réellement à la gestion du processus électoral ».

« Une exclusion programmée »Le RPG estime que la création de la DGE n’est que l’aboutissement logique d’un processus d’exclusion engagé dès le début de la transition.

Pour Yombouno, les partis politiques et la société civile sont volontairement tenus à l’écart : « Tout se passe dans le huis clos administratif. Le recensement électoral se déroule sans consultation. La société civile est absente. Les partis politiques n’ont aucune visibilité sur les échéances. Nous sommes face à une administration électorale totalement verrouillée ».

Il y voit un recul démocratique sans précédent, d’autant plus grave que, selon lui, « même le régime militaire du Général Lansana Conté avait pris le soin d’associer les acteurs politiques à la construction démocratique ».Le RPG choisit l’observation silencieuse

Face à cette situation, quelle sera la réaction du RPG ?

Yombouno se veut clair : le parti ne compte pas entrer dans une logique de confrontation. « Rien. Nous n’allons rien faire. Chaque fois que nous tentons d’exister, on nous réprime. Nos réunions sont interdites. Nos cadres sont arrêtés sous de faux prétextes. Nous faisons donc preuve de retenue, mais nous restons lucides face à l’évolution du rapport de force. »

Un appel à la vigilance nationale

En guise de conclusion, l’ancien ministre appelle les autres forces politiques et sociales à ouvrir les yeux sur ce qu’il considère comme une dérive préoccupante : « Ceux qui ont soutenu le CNRD doivent comprendre que ce régime n’a pas l’intention de partager le pouvoir. Ce qui est en cours, c’est un processus électoral de façade, destiné à donner une légitimité formelle à un régime de fait. »

Alors que le compte à rebours vers les élections est enclenché, les tensions semblent s’accroître. Le RPG, même en silence, entend bien rester en embuscade.

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